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Malgré son ancrage dans notre quotidien et notre héritage culturel, l'alcool n'est pas un produit ordinaire. Il serait responsable de plus de 23 000 décès direct et associé à 45 000 morts par an. Mais vous, où en êtes-vous avec l'alcool ? Ecoute Alcool : 0 811 91 30 30
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Des dégâts à tous les étages [03/06/2008] - Auteur : lormente

Une fois bu, comment l'alcool est-il géré par notre organisme ? Quels sont les effets à long terme d'une consommation excessive ? Bien souvent, les connaissances restent floues et ne permettent pas d'appréhender sereinement les risques encourus.

L'ivresse n'est pas la seule manifestation d'une consommation excessive d'alcool. Découvrez le parcours de l'alcool dans l'organisme et ses conséquences.

L'inconnu dans la maison

Quand on consomme une boisson alcoolisée, l'alcool qu'elle contient traverse la paroi intestinale sans subir aucune modification. Il passe ainsi dans le sang très rapidement. 15 à 30 minutes suffisent si la personne est à jeun, et 30 à 60 minutes s'écoulent si ce passage est ralenti par la présence d'aliments. C'est à ce moment que l'alcoolémie (présence d'alcool dans le sang) est à son maximum avant de redescendre progressivement.

Via le réseau sanguin, l'alcool se répand dans l'ensemble de l'organisme et en particulier les organes les plus irrigués : le foie, le coeur et le cerveau. C'est le foie qui va lentement transformer 95 % de l'alcool, les 5 % restant sont éliminés par les poumons et l'air expiré, les reins et l'urine, la peau et la sueur.

Les effets toxiques de l'alcool sont aujourd'hui bien connus. Le foie, le cerveau et le système nerveux, le coeur et les muscles peuvent être atteints. L'appareil digestif n'est pas épargné. Les muqueuses, l'estomac et l'intestin sont irrités avec des sensations de brûlures fréquentes.

Cette substance psychoactive agit au niveau du cerveau au même titre que le cannabis ou d'autres drogues. Ralenti, perturbé, le cerveau est débordé. Des troubles des réflexes, de la vision et de l'équilibre, des pertes de mémoire… sont fréquents. Pouvant entraîner une dépendance s'il est consommé régulièrement, l'alcool s'apparente à une drogue.

Les effets de l'alcool peuvent être majorés par l'ingestion de certains médicaments comme les somnifères ou les tranquillisants.

Les effets à courts termes

Les effets immédiats sont bien connus, ainsi l'ivresse apparaît en quelques heures à cause d'une consommation trop importante. Cet état sera d'autant plus rapide que la personne ne sera pas habituée à boire. La coordination motrice, l'équilibre, la perception et le jugement sont altérés. On distingue invariablement trois phases qui évoluent de l'euphorie à l'endormissement. Selon l'Institut National de prévention et d'éducation pour la santé1, l'état évolue ainsi :

  • Phase d'excitation : Le taux d'alcoolémie est inférieur à 0,7 g/l de sang. Euphorique, désinhibé, bavard et familier, l'ivresse est atteinte. Les fonctions cognitives (vigilance, perception, mémoire, équilibre, jugement) sont déjà atteintes.
  • Phase d'ébriété : Le taux d'alcoolémie s'étend de 0,7 à 2 g/l de sang. Troubles de l'équilibre, mal à parler... c'est une phase d'incoordination avec troubles de la vigilance, allant de la somnolence à la torpeur.
  • Phase d'endormissement : Le taux d'alcoolémie est supérieur à 2 g/l de sang. Après une période d'excitation, on s'endort. Si le taux d'alcoolémie est supérieur à 3 g/l de sang, il y a un risque de coma éthylique profond qui nécessite une surveillance en milieu hospitalier.

La baisse de la vigilance est à l'origine de comportements à risque. Après un verre, le risque d'accident de la route ou de la vie courante est multiplié par trois, après trois verres, par dix. Ainsi, l'ivresse est associée à 40 % des décès de la circulation, à 25-35 % des accidents de voiture non mortels, à 64 % des incendies et de brûlures, à 48 % des hypothermies et des cas de gelures, 40 % des chutes et 50 % des homicides2.

L'alcool est également un facteur d'agressivité et serait responsable de 50 % des rixes, de 50 à 60 % des actes de criminalité et de 20 % des délits.

Enfin, la prise d'alcool augmente le risque de rapports sexuels non protégés. Et sans préservatif, un seul rapport suffit pour être contaminé par le virus du sida, par d'autres infections sexuellement transmissibles ou pour être enceinte contre son gré.

Les effets à long terme

Sur le long terme, l'alcool peut être responsable de très nombreuses maladies : cancers (bouche, oesophage, gorge..), maladies du foie (cirrhose) et du pancréas, maladies du système nerveux et troubles psychiques (anxiété, dépression, irritabilité, etc.), troubles cardiovasculaires… Du fait d'une consommation plus importante, les hommes sont plus touchés que les femmes, et un décès masculin sur sept est attribuable à l'alcool.

  • Alcool - Conséquences sur l'organismeSystème nerveux et psychique : Une consommation excessive peut entraîner des troubles de la mémoire, une anxiété, de la dépression, de l'insomnie et être à l'origine de suicides. Chez la femme enceinte, le risque pour le cerveau est très important pour l'embryon et le foetus (retard de développement, atteinte du cerveau…)
  • Système cardiovasculaire : La bonne réputation d'une consommation modérée (environ deux verres par jour) sur la santé cardiovasculaire est toujours l'objet de débat. Mais on sait que le risque d'hypertension et d'accidents vasculaires cérébraux augmentent avec la consommation d'alcool.
  • Appareil digestif : L'alcool peut entraîner des cancers des voies aérodigestives supérieures (bouche, gorge, larynx, oesophage) et constitue un poison pour le foie. La destruction du tissu hépatique qu'il provoque peut être à l'origine de cirrhose (près de 9 000 décès par an) ou de cancer du foie (environ 6 000 décès).

L'alcool provoque ainsi directement 23 000 décès par an par cancers, cirrhoses ou alcoolo-dépendance. En tant que facteur associé, il est à l'origine de 45 000 décès. C'est la deuxième cause de mort évitable après le tabac.

David Bême

1 - Campagne de sensibilisation de l'INPES - "L'alcool, pas besoin d'être ivre
     pour en mourir" - septembre 2001
2 - Source alcoweb.com, site sur l'alcool et l'alcoolisme conçu et financé par
     Merck Santé

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