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Malgré son ancrage dans notre quotidien et notre héritage culturel, l'alcool n'est pas un produit ordinaire. Il serait responsable de plus de 23 000 décès direct et associé à 45 000 morts par an. Mais vous, où en êtes-vous avec l'alcool ? Ecoute Alcool : 0 811 91 30 30
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Les danger du prémix

Rappel
 

Le premix est un mélange de soda sucré et d'alcool fort titrant de 5 à 8 % en volume d'alcool, vendu sous forme de trompeuses et jolies boîtes métalliques de 25 à 35 cl, comme par exemple la cannette " whisky-cola " décorée des deux célèbres petits chiens noir et blanc. Leur conditionnement renverse le message bien connu du Canada-dry. Ils ressemblent aux sodas, mais c'est bien de l'alcool qu'ils renferment !

   
  Boire une canette de premix revient à boire un ballon de vin rouge qui contient 12 g d'alcool. Quand on sait que le sucre contenu dans ces boissons gazeuses accélère l'effet hypoglycémiant de l'alcool, surtout quand il est absorbé à jeun, on mesure leurs dangers pour les organismes des adolescents. L'hypoglycémie peut aller jusqu'au coma. Derrière les sympathiques petits chiens, il y a probablement, sinon la rage, du moins la morsure !
   
  Le réel danger que représentent ces boissons d'appel concerne les plus jeunes, de 10 à 14 ans, cible non avouée des fabricants. Passé cet âge, les adolescents font eux-mêmes leurs mélanges, plus corsés, ou préfèrent les alcools forts ou la bière.
     

 

Qu'est-ce que c'est ?

Coca-Vodka, Cherry-Whisky, Chocolat-Tequila, Mandarine-Bénédictine… Que cachent ces jolis mots qui font crépiter les papilles ? Du sucre (beaucoup), des arômes (un peu) et de d'alcool… sûrement !
Vous mélangez et vous emballez le tout dans un packaging "tendance" aux couleurs flashies. Pour emballer, ça emballe… Les ados adorent les "premix" !

Le souci...

...le taux d'alcool (de 5 à 8 %) accru par la concentration du sucre mélangé. Cet effet est renforcé si la mixture est absorbée à jeûn, comme toute boisson alcoolisée.

La cible de ces premix : les 10-14 ans. Des jeunes en proie à un besoin d'identification ou de démarcation vis-à-vis de leurs parents, tentés par le côté initiatique de la consommation d'alcool. Un goût d'interdit accentué par un sentiment d'intégration dans "la cour des grands"
Pour les plus âgés, ce seront les effets sédatifs, euphorisants ou anxiolytiques qui seront recherchés.

Les boissons premix ne sont pas à confondre avec les boissons "énergisantes" qui sont, elles, non alcoolisées, mais qui contiennent des substances stimulantes.

"La méfiance et l'inquiétude des parents sont légitimes. Le jeune, dont le corps est en pleine croissance, est vulnérable en cette période de puberté. Ainsi, il a été montré que plus une personne consomme de l'alcool à un jeune age et plus elle a de susceptibilité à développer une dépendance" explique le Dr Maillot, chef du service d'alcoologie à l'hôpital de Bois-Guillaume.

Que faire face à cet engouement ? Les parents doivent expliquer aux ados les risques auxquels ils s'exposent en prenant l'habitude de consommer ces boissons premix. Consommer sans abuser peut être une solution intermédiaire.

Les nouvelles boissons alcoolisés
s'arrachent aussi dans la cité balnéaire

Sodas alcoolisés : le piège à ados

Il y a un peu plus de trois ans, fleurissaient sur les comptoirs de bars et les rayons de supermarchés de nouvelles boissons alcoolisées. Mélanges subtils de sodas et d’alcools forts, Boomerang, Smirnof Ice et autres Voodoo font aujourd’hui un tabac chez les ados. Si bien que ce phénomène de mode inquiète les spécialistes qui parlent « d’alcoolisation progressive et perverse des jeunes ». A Dieppe, comme ailleurs, ces boissons ont déjà des adeptes…

Bière ou pas bière? Alcool ou soda? Telle est la question. Comment diable définir ces boissons? Le dilemme pourrait paraître anodin mais il n’en est rien. Il s’agit d’un succès commercial sans précédent et le débat n’a pas tardé à se porter sur la scène médicale. Goût sucré, couleurs extravagantes… Tout est fait pour rappeler à l’adolescent son grand amour de jeunesse: les sodas. Pourtant avec des pourcentages d’alcool oscillant entre 5 et 8 %, la réalité est tout autre. Dans la cité dieppoise, loin des préoccupations politiques et médicales, ces boissons appelées « premix » « alcopops » (pop = soda en américain) continuent d’attirer les jeunes et de se boire « comme du petit lait ».

Une consommation… sans modération!

« Oui, bien sûr que je connais ces boissons. C’est lors de l’anniversaire de mon grand cousin que j’en ai vues pour la première fois ». Le « grand cousin » de Marine, 13 ans, vient à peine d’avoir 18 ans. Or si la jeune fille affirme qu’elle « encore trop jeune pour en boire et que ça ne l’intéresse pas », Rémi, lui, est déjà un adepte de cette boisson alcoolisée pas comme les autres. « Boomerang, Voodoo, Desperados… », le garçon connaît bien sa leçon et aurait pu continuer ainsi pendant encore un bon moment. « Oui, ce sont des amis qui m’y ont fait goûter. Je n’en bois pas tous les jours, mais souvent dans les soirées », poursuit le jeune homme de 17 ans.

Nul doute, les fabricants de ces boissons « new age » ont réussi leur coup. Depuis trois ans, les producteurs de « premix » en majorité issus des pays anglo-saxons, ont tenté de pénétrer le marché porteur de la jeunesse française. Et ça marche. Une forte teneur en sucre, une couleur fluo tape à l’œil, un nom « branché » et délirant, des étiquettes où la mention « alcool » est des plus discrètes. Rien n’est laissé au hasard et les jeunes, filles comme garçons, voire les plus jeunes, âgés d’à peine 13 ou 14 ans, sont sous le charme.

Selon un sondage réalisé en mars 2001, 90 % des jeunes trouvent « plutôt sympa ce concept et moins dangereux que les bières traditionnelles » et environ 50 % des jeunes entre 12 et 18 ans « en consomment ». Ainsi, en Allemagne, les ventes des premix ont détrôné celles des bières chez les jeunes… et outre Rhin l’hospitalisation liée à une consommation de boissons alcoolisées a été multipliée par quatre. Et l’année dernière, à la même époque, une grande partie des lieux de commercialisation français devait faire face à une rupture de stock concernant une marque. Fait rare chez les producteurs de boissons. « Il ne se passe pas un jour sans que je n’en voie pas passer sur mon tapis. Ce sont en grande majorité des jeunes chez qui les bières normales n’ont plus trop la cote », explique ce caissier d’un magasin du centre ville.

Alors alcool pas alcool, dangereux pas dangereux, si le débat fait rage, les services de santé et les pouvoirs publics n’ont pas tardé à lancer l’offensive sur ces boissons alcoolisées très prisées par les jeunes.

Une bouteille équivaut à un « baby » de whisky

Le 31 juillet dernier, les députés se sont décidés à doubler les taxes sur les premix. Déjà en avril, la sonnette d’alarme avait été tirée par Yves Bur, député du Bas-Rhin, connu pour ces prises de position franches contre les boissons alcoolisées en général (c’est lui qui voulait surtaxer les bières affichant un taux d’alcool supérieur à 8 %). Il avait fait adopter par l’Assemblée Nationale un amendement dans le cadre du projet de loi sur la santé publique. Car c’est bien à propos du danger pour l’intégrité physique que l’on s’interroge.

Et si Sophie et ses amies « n’y voient aucun danger sachant que c’est moins fort que de l’alcool », les spécialistes montent au créneau allant même jusqu’à parler d’« un premier pas en douceur vers une accoutumance aux boissons alcoolisées ». Comme d’habitude souvent, derrière les sympathiques petits chiens, il y a, sinon la rage, du moins la morsure.

Ainsi boire une cannette de « premix » équivaudrait aujourd’hui à ingurgiter un ballon de vin rouge contenant 12 grammes d’alcool ou un baby de whisky. Quand on sait que le sucre contenu dans ces boissons gazeuses accélère l’effet hypoglycémiant de l’alcool, surtout quand il est absorbé à jeun, on mesure les dangers pour les organismes des adolescents. Pourtant, d’un point de vue purement juridique, une boisson telle que la Boomerang n’est pas une bière. Surprise! En effet cette boisson n’est pas élaborée à partir de « 50 % de malts de céréales dans le poids des matières sucrées présentes dans la bouteille », critère de définition d’une bière selon le décret du 31 mars 1992. Outre l’étiquette, la confusion ne viendrait-elle pas plutôt des lieux de vente où les premix sont vendus au rayon « bières ». Point trop n’en faut.

Une chose est sûre, à court terme, l’impact de l’alcool est moins fort que l’effet d’une autre boisson alcoolisée pure ou d’une bière traditionnelle. Mais à long terme? C’est donc en envisageant l’avenir d’une jeunesse gavée à coup de spots publicitaires aussi bien de la part des fabricants d’alcool que des associations de prévention de l’alcoolisme, que le gouvernement a décidé de doubler la taxe sur ces « premix », qui se montait jusqu’alors à 5,50 euros par décilitre d’alcool pur. Qui sait si cela freinera la consommation?

Une chose est sûre, pour l’heure, les producteurs s’inquiètent, notamment d’un violent retour de… boomerang!

I. T.

Nathalie Vigé, responsable du centre d’addictologie de l’hôpital
« C’est terriblement cruel pour les enfants »

Ces produits sont le fruit d’une opération commerciale qui s’assimile à un piège, un peu comme le premier verre gratuit dans les discothèques. Ces produits plaisent aux enfants parce qu’ils sont sucrés et que leur « packaging » est attirant. Sur Internet, on appelle ça « l’alcool fun ». C’est terriblement cruel pour les enfants qui démarrent ainsi l’alcool, et c’est dommage qu’on laisse faire ce genre d’opération quand, en parallèle, des gens travaillent sur la prévention de l’alcool auprès des jeunes ».

Le docteur Nathalie Vigé-Vanheeghe, chef du service addictologie-alcoologie de l’hôpital de Dieppe, est évidemment interpellée par l’apparition de ces nouveaux produits. « Ces boissons avancent l’âge de la première cuite, car le sucre et l’eau gazeuse qu’elles contiennent attirent l’enfant, et lui font absorber l’alcool plus facilement et plus vite. Comme elles sont absorbées rapidement, elles passent beaucoup plus vite dans le sang et produisent une sorte de « flash ». Et comme c’est plus facile à boire qu’un alcool et que c’est plus sucré, cela conduit beaucoup plus de jeunes à l’alcool que d’autres produits. On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre, et de mon point de vue, ces produits devraient être retirés du marché ».

A défaut de mesure radicale, le docteur et son service usent de pédagogie auprès des ados, en leur démontrant notamment qu’ils sont la cible d’opérations commerciales, qu’ils sont le jouet de professionnels du marketing, un peu comme pour le tabac et le site « jesuismanipulé. com ». Un argument qui peut faire mouche, mais qui doit s’accompagner d’autres actions, comme l’incitation auprès des grandes surfaces de ne pas laisser d’enfants passer aux caisses avec des produits alcoolisés, ou l’action auprès des jeunes pour la prévention du cannabis. Car notre monde de consommation produit des conduites addictives de plus en plus jeune.

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